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Le MINEFOP accélère les réformes de la formation professionnelle pour mieux relier compétences et emploi
Sous le Haut Patronage du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle accélère les réformes visant à rendre la formation professionnelle plus adaptée aux besoins de l’économie camerounaise et surtout davantage orientée vers l’emploi, l’entrepreneuriat et l’auto-emploi productif.
Présentant les principales avancées enregistrées au cours de l’année de formation 2025–2026 ainsi que les perspectives pour 2026–2027, le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Mounouna Foutsou, a mis en évidence plusieurs réformes et investissements qui transforment progressivement la manière dont les compétences sont développées, financées et certifiées au Cameroun.
Au cœur de cette transformation se trouve une idée simple : la formation doit déboucher sur une opportunité concrète.
Comme l’a souligné le Ministre, « il ne peut y avoir d’emploi durable sans compétences, ni de compétences valorisées sans un lien étroit avec l’entreprise, l’activité économique et les possibilités d’insertion ».
Cette logique guide déjà des programmes majeurs comme le Projet d’Appui au Développement de l’Enseignement Secondaire et des Compétences pour la Croissance et l’Emploi, PADESCE, qui s’impose comme l’un des principaux instruments permettant au MINEFOP de mieux rapprocher la formation professionnelle des besoins réels du marché du travail.
PADESCE : une formation davantage orientée vers l’emploi et la demande économique
Parmi les avancées majeures présentées par le Ministre figure le développement de mécanismes de financement directement liés aux besoins de l’économie.
Grâce au PADESCE, financé avec l’appui de la Banque mondiale, le MINEFOP a accéléré le passage d’un financement fondé essentiellement sur les moyens disponibles à un financement davantage orienté vers les résultats et la demande économique.
À travers son Mécanisme Compétitif de Développement des Compétences, le PADESCE a déjà permis d’accorder près de 3 000 chèques-formation à des jeunes.
Le programme a également soutenu la formation en situation de travail, le renforcement des capacités du personnel des PME ainsi que le développement des compétences des acteurs de l’économie sociale et du secteur informel.
Les formations ciblent notamment les métiers du numérique, la conduite des engins lourds, la soudure, le bâtiment et les travaux publics, l’énergie et l’agro-industrie.
Pour le MINEFOP, cette approche est importante parce qu’elle permet de rapprocher directement les investissements publics en formation des besoins identifiés des entreprises et des secteurs productifs.
Il ne s’agit plus de former d’abord et de chercher un emploi ensuite. Des programmes comme le PADESCE contribuent à inverser cette logique en partant des compétences réellement recherchées dans l’économie.
Une transformation plus large du système de formation professionnelle
L’année de formation 2025–2026 marque une évolution progressive du modèle camerounais.
Le pays s’éloigne peu à peu d’un système essentiellement centré sur l’offre de formation pour aller vers un système davantage guidé par les besoins de l’économie, la demande des entreprises, les exigences de certification et les perspectives réelles d’insertion professionnelle.
Cette évolution intervient alors que le MINEFOP finalise les préparatifs des examens nationaux du Diplôme de Qualification Professionnelle, avec près de 10 000 candidats enregistrés pour l’année de formation 2025–2026.
Les examens n’étant pas encore achevés, le Ministère estime qu’il serait prématuré de dresser un bilan statistique définitif de l’année. L’accent est donc mis sur les transformations déjà engagées et sur les moyens de les consolider au cours de l’année 2026–2027.
L’offre privée de formation professionnelle continue de progresser
Le nombre d’établissements privés de formation professionnelle agréés est passé de 2 790 à 3 020, soit une progression d’environ 8,2 %.
Cette croissance s’accompagne d’une diversification progressive des formations vers des secteurs considérés comme porteurs d’emplois et de croissance.
Il s’agit notamment de l’agriculture et de l’agro-industrie, de la filière coton-textile-confection, du numérique, du bâtiment et des travaux publics, des énergies renouvelables, de la maintenance industrielle, du transport et de la logistique, ainsi que des métiers de l’économie verte, de l’économie bleue et des services.
Le MINEFOP travaille également à rationaliser la carte nationale de formation afin que les programmes proposés correspondent mieux aux zones économiques, aux besoins locaux, aux infrastructures disponibles et aux projets d’investissement.
L’objectif est de réduire la duplication de formations à faible débouché et de concentrer davantage de ressources sur les métiers correspondant aux avantages comparatifs et aux opportunités de chaque territoire.
Douala, Edéa et Pitoa au cœur des investissements
La modernisation de la formation professionnelle passe aussi par les infrastructures.
La construction des Centres Sectoriels de Formation Professionnelle de Douala et d’Edéa, soutenue dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement, C2D, a atteint des taux d’exécution physique estimés respectivement à environ 80 % et 90 %.
La contribution financière s’élève à près de 9 millions d’euros, soit environ 6 milliards de FCFA.
Ces centres ne sont pas conçus comme de simples établissements de formation supplémentaires. Ils doivent fonctionner comme de véritables plateformes sectorielles où centres de formation et entreprises travaillent ensemble sur les contenus, l’alternance, l’accueil des apprenants, l’évaluation des compétences, la gouvernance et le renouvellement des équipements.
L’objectif est de réduire l’écart souvent observé entre les compétences enseignées et celles effectivement recherchées par les employeurs.
À Pitoa, les travaux de réhabilitation du Centre de Formation Professionnelle Rapide aux Métiers Industriels ont également démarré dans le cadre de l’Initiative Compétences pour l’Afrique.
Le projet représente un investissement global d’environ 4,5 milliards de FCFA et devrait renforcer l’offre de compétences industrielles dans la partie septentrionale du pays.
PEAC renforce les compétences au service de l’industrialisation
Aux côtés du PADESCE, le Ministère met également en œuvre le Projet d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat et à l’Amélioration des Compétences en appui à l’Industrialisation, PEAC.
Principalement financé par la Banque africaine de développement, le PEAC représente un coût total estimé à 42,6 milliards de FCFA.
Le projet vise à développer les compétences requises par l’économie, améliorer la productivité des travailleurs, renforcer la compétitivité des entreprises et promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes et les femmes.
Le programme prévoit la création de trois Centres de Formation aux Métiers.
À Akonolinga, les formations seront axées sur les emplois verts et le bâtiment ; à Kousseri, sur le transport, les engins lourds et les énergies renouvelables ; et à Kribi, sur les métiers maritimes et l’économie bleue.
Le PEAC prévoit également la création du Village des Métiers de Soa, le renforcement de plusieurs centres publics et privés ainsi que le développement ou la révision d’une vingtaine de référentiels et programmes de formation.
Près de 400 formateurs devraient bénéficier de stages en entreprise, tandis qu’environ 400 professionnels seront certifiés à travers la Validation des Acquis de l’Expérience.
Le programme devrait également accompagner 1 500 apprenants à travers des stages et soutenir 500 primo-demandeurs d’emploi dans leur insertion professionnelle.
L’apprentissage rapproche davantage la formation du monde du travail
Le MINEFOP développe également de nouvelles voies d’acquisition des compétences.
À travers le projet FormPro237, le Ministère a mené avec succès une première phase pilote de formation en apprentissage et en alternance impliquant des établissements d’enseignement supérieur, des lycées techniques et des centres de formation professionnelle.
Cette expérimentation a permis de développer et tester des contrats d’apprentissage, des livrets d’apprentis, des calendriers d’alternance, des dispositifs de tutorat, des outils d’évaluation et des modèles financiers.
L’objectif est de faire des entreprises de véritables partenaires de la formation et de permettre aux jeunes d’acquérir une expérience professionnelle concrète avant même la fin de leur parcours.
L’expérience professionnelle peut désormais devenir une voie vers la certification
Une autre réforme importante concerne la Validation des Acquis de l’Expérience, VAE.
Ce mécanisme permettra aux professionnels du secteur formel comme du secteur informel d’obtenir une reconnaissance officielle des compétences acquises au fil de leur expérience professionnelle.
Près de 1 000 demandes ont déjà été enregistrées.
Pour de nombreux travailleurs expérimentés n’ayant pas suivi un parcours classique de formation, la VAE constitue ainsi une voie vers une qualification reconnue sans obligation de reprendre une formation à temps plein.
Préparer les Camerounais aux métiers d’aujourd’hui et de demain
Le Ministère modernise également les contenus de formation.
Le Centre National de Formation des Formateurs et de Développement des Programmes a élaboré 45 curricula selon l’Approche Par Compétences.
Près de 1 300 formateurs ont été renforcés dans la conception pédagogique, l’élaboration des séquences de formation, l’évaluation des compétences et l’utilisation des curricula, tandis que 50 autres suivent actuellement un processus de certification professionnelle.
Les formations s’ouvrent de plus en plus à des domaines comme l’intelligence artificielle, le cloud computing, la cybersécurité, la programmation des systèmes embarqués, le marketing digital, le graphisme assisté par IA, la soudure, la conduite des engins lourds, les énergies renouvelables et les métiers agro-industriels.
Certaines de ces formations sont déployées notamment à travers ORFEV-Jeune et le projet D-CLIC de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
JEME rassemble les différentes interventions
Ces différentes réformes sont désormais appelées à converger dans le programme « Un Jeune, Un Métier, Un Emploi », JEME.
JEME n’a pas vocation à remplacer des programmes comme le PADESCE ou le PEAC. Il doit plutôt servir de cadre fédérateur permettant de relier leurs acquis dans un parcours cohérent pour chaque bénéficiaire.
Le Ministre cite notamment PADESCE, PEAC, FormPro237, VAE, D-CLIC et ORFEV-Jeune parmi les initiatives dont les acquis doivent converger dans le cadre de JEME.
Le programme suit le jeune depuis l’information et l’orientation professionnelle jusqu’à la formation et à la certification, puis vers l’immersion en entreprise, l’emploi, l’entrepreneuriat ou l’auto-emploi productif.
Il repose sur quatre fonctions complémentaires : orienter les jeunes vers des métiers adaptés à leurs aptitudes et aux opportunités économiques, les former et les certifier dans des métiers porteurs, organiser des apprentissages et des parcours en alternance, puis soutenir l’entrepreneuriat lorsque l’emploi salarié n’est pas immédiatement disponible.
Pour le Ministre Mounouna Foutsou, l’objectif est de faire en sorte que les investissements croissants dans les compétences produisent des résultats visibles.
« Notre ambition est de donner une plus grande visibilité politique et opérationnelle aux efforts du Gouvernement en faveur de l’emploi des jeunes, tout en veillant à ce que chaque programme de formation débouche sur une perspective claire d’emploi ou de création d’activité », a-t-il déclaré.
2026–2027 : passer à une plus grande échelle
Pour la prochaine année de formation, le MINEFOP entend consolider les réformes et élargir leur impact.
Le Ministère prévoit de certifier 500 formateurs et de développer et valider 50 nouveaux curricula en collaboration avec les professionnels des métiers concernés.
Des programmes agropastoraux seront progressivement ouverts dans 55 Sections Artisanales Rurales et Sections Ménagères situées dans les zones de production.
Trois nouveaux centres de formation professionnelle devraient également ouvrir leurs portes : le Centre de Formation aux Métiers d’Ebebda et les Centres Sectoriels de Formation Professionnelle de Douala et d’Edéa.
Le programme D-CLIC devrait par ailleurs permettre de proposer une formation certifiante aux métiers du numérique à 2 000 jeunes.
L’apprentissage formel et la structuration de la formation informelle devraient bénéficier à au moins 1 000 jeunes.
Le Ministère prévoit également les premières sessions élargies de VAE et la finalisation ainsi que l’opérationnalisation des infrastructures en cours, avec une attention particulière portée aux équipements, aux ressources humaines, à la maintenance, à la gouvernance et aux partenariats avec les entreprises.
La mise en œuvre du PEAC avec la Banque africaine de développement ainsi que du Programme pour les Résultats, P4R, avec la Banque mondiale va également se poursuivre, avec un accent sur la complémentarité des financements, la cohérence des interventions et l’appropriation nationale des réformes.
Pérenniser le financement axé sur la demande
L’expérience de programmes comme le PADESCE influence également la réflexion institutionnelle à plus long terme.
Le MINEFOP propose ainsi la création d’un Fonds de Développement de la Formation Professionnelle.
Selon le Ministre, les projets soutenus par les partenaires ont démontré l’intérêt d’un financement de la formation guidé par la demande. L’enjeu est désormais d’institutionnaliser cette approche.
Les projets de textes relatifs au Fonds sont finalisés et prêts à être soumis aux autorités compétentes.
Le Fonds devrait permettre de financer la formation initiale, l’apprentissage, la reconversion des travailleurs, l’innovation pédagogique ainsi que les besoins prioritaires des entreprises.
Le Ministère propose également la mise en place de Conseils Sectoriels des Compétences, qui donneraient au secteur privé une place plus importante dans l’identification des métiers, l’élaboration des curricula, l’accueil des apprentis, la mobilisation d’experts professionnels et le cofinancement de la formation.
Une troisième réforme concerne la mise en place effective du Conseil National d’Orientation et de Formation Professionnelle, prévu par la loi de 2018 régissant la formation professionnelle au Cameroun.
Le véritable test vient après la formation
Pour le MINEFOP, le principal indicateur de réussite sera désormais ce qui arrive aux bénéficiaires une fois la formation terminée.
L’année 2025–2026 a déjà été marquée par la diversification de l’offre, les investissements dans les infrastructures, l’Approche Par Compétences, l’apprentissage, l’alternance, la VAE ainsi que l’ouverture vers les métiers numériques, industriels et verts.
La prochaine étape consiste à faire en sorte que des programmes comme le PADESCE, le PEAC, FormPro237, ORFEV-Jeune et les autres initiatives ne fonctionnent pas comme des actions isolées, mais participent à la construction d’un véritable système national dans lequel la formation mène à une compétence reconnue, et cette compétence à une opportunité économique.
Comme l’a déclaré le Ministre Mounouna Foutsou, « notre engagement ne sera donc plus seulement d’augmenter le nombre de programmes ou de personnes formées. Il sera de consolider un véritable écosystème national de développement des compétences ».
Pour le MINEFOP, telle est désormais la direction de la réforme : construire un système de formation professionnelle dans lequel l’investissement public, la demande du secteur privé, la certification et l’emploi fonctionnent de manière de plus en plus intégrée, afin d’offrir à chaque jeune une trajectoire plus claire, de la formation à la qualification, et de la qualification à l’opportunité.